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Mon Carnet Oralité
C'est quoi ?

Ce qui se cache derrière un refus

Votre enfant refuse un aliment ? Cinq causes possibles : texture, odeur, couleur, température, mélange. Et, pour chacune, la question à se poser.

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L’assiette est repoussée. Parfois sans un mot, parfois avec une crise. Et vous restez avec la même question : pourquoi ? Qu’est-ce qui, dans cette assiette, a bloqué ?

Dans les troubles de l’oralité alimentaire, un refus a presque toujours une cause sensorielle. Et ces causes se comptent sur les doigts d’une main. En voici cinq, avec, pour chacune, la question qui aide à la repérer.

1. La texture

Un même légume peut passer en purée lisse et être repoussé en morceaux fondants, ou l’inverse. Les cinq textures : lisse, mouliné, morceaux fondants, croquant, double texture. Le croquant est la grande valeur refuge ; les textures qui s’effondrent en bouche avec du relief, comme la semoule ou la compote maison, sont pour certains enfants très différentes du lisse.

La question à se poser : sous quelle texture cet aliment était-il présenté, et est-ce la texture que mon enfant accepte d’habitude ?

2. L’odeur

Chez un enfant très réactif aux odeurs, l’odeur de cuisson suffit : poisson, fromage fondu, chou. Le haut-le-cœur arrive avant l’assiette.

La question à se poser : y avait-il une odeur forte dans la pièce, venue de cet aliment ou d’un autre ?

3. La couleur

Certains enfants refusent systématiquement une couleur, souvent le vert. D’autres ne mangent que dans une gamme précise, le beige et le blanc. Une tache de cuisson, une imperfection, peuvent suffire.

La question à se poser : cet aliment avait-il la couleur habituelle, et sans tache ?

4. La température

Certains enfants refusent tout ce qui est chaud et mangent tout tiède ; d’autres ne supportent pas ce qui sort du réfrigérateur. Le même plat, servi à une autre température, n’est plus le même aliment.

La question à se poser : était-il servi à la température à laquelle mon enfant l’accepte d’habitude ?

5. Le mélange

Deux façons de mélanger peuvent tout bloquer. Les aliments qui se touchent dans l’assiette, pour un enfant qui a besoin qu’ils restent séparés. Et la double texture, un liquide et des morceaux en même temps en bouche, la plus redoutée de toutes.

La question à se poser : les aliments se touchaient-ils, ou y avait-il un liquide mêlé à des morceaux ?

Et souvent, un détail

Ce qui a changé peut être minuscule : une autre marque, une autre forme, une cuisson un peu différente. Pour un enfant avec un trouble de l’oralité, un aliment n’existe pas dans l’absolu : il accepte une préparation précise. Quand un aliment copain, accepté d’ordinaire sans anxiété, est soudain refusé, c’est souvent qu’un détail a bougé.

Ce que ces questions ne disent pas

Elles aident à comprendre un refus, pas à le forcer. Repérer que c’est la texture qui bloque ne veut pas dire insister avec cette texture : aller de front contre une sensibilité peut briser la confiance de l’enfant et provoquer un refus massif à table. Ces observations sont faites pour être notées et partagées avec le professionnel qui vous accompagne : c’est lui qui, en partant des aliments copains, choisit par où avancer.

Ce n’est la faute ni de votre enfant, ni la vôtre. Vous n’êtes pas seuls.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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