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Mon Carnet Oralité
C'est quoi ?

Quand une odeur suffit

Poisson, fromage fondu, chou : chez certains enfants, l'odeur de cuisson déclenche un haut-le-cœur avant même l'assiette. L'hyper-réactivité olfactive.

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Le repas n’est pas encore servi. Votre enfant n’a rien vu, rien touché. Mais une odeur arrive de la cuisine, et c’est fini : il se détourne, grimace, parfois a un haut-le-cœur. Le poisson qui cuit, le fromage qui fond, le chou. Avant même l’assiette, l’aliment est refusé.

Ce n’est ni de la comédie ni de l’anticipation : c’est une hyper-réactivité olfactive, l’une des cinq sensibilités les plus fréquentes dans les troubles de l’oralité alimentaire.

Ce qui se passe

Chez un enfant très réactif aux odeurs, l’émanation d’une odeur de cuisson ou d’un type d’aliment provoque une réaction de haut-le-cœur ou une nausée immédiate. Le corps réagit avant que l’enfant ait eu le temps de décider quoi que ce soit, et l’aliment est refusé avant même d’être servi.

Ce qui frappe, c’est que l’odeur agit à distance. L’aliment n’a pas besoin d’être dans l’assiette de l’enfant. Il suffit qu’il soit dans la casserole, ou dans l’assiette du voisin.

Les odeurs qui reviennent souvent

Le poisson, le fromage fondu, le chou sont les exemples les plus fréquents : des odeurs fortes, qui envahissent toute la pièce à la cuisson. Mais chaque enfant a les siennes, et ce qui est anodin pour vous peut être insupportable pour lui.

Cela explique aussi pourquoi un aliment peut passer sous une forme et pas sous une autre : la cuisson change, et l’odeur avec elle.

Ce que ça change

Comprendre que c’est l’odeur qui bloque, et non l’aliment ou le repas, change le regard sur ce qui se passe. Un enfant qui se détourne dès qu’il sent le poisson n’est pas en train de refuser le repas : il est en train de réagir à une sensation qu’il ne contrôle pas.

Dans les cinq niveaux par lesquels un enfant apprivoise un aliment, sentir est le troisième : l’enfant approche volontairement l’aliment de son nez pour l’explorer. Pour un enfant hyper-réactif aux odeurs, on comprend que ce niveau soit une étape à part entière, et parfois une grande.

Un garde-fou, pas une fatalité

Comme les autres sensibilités, celle-ci n’est pas gravée pour la vie : à long terme, l’objectif est de pouvoir la dépasser. Mais aujourd’hui, elle est là, et aller de front contre elle peut briser la confiance de l’enfant et provoquer un refus massif à table.

Les professionnels de l’oralité en tiennent compte : ils partent des aliments copains de l’enfant, ceux qu’il accepte sans anxiété, et avancent par tout petits pas, en ne changeant qu’une seule caractéristique à la fois. Noter les odeurs qui déclenchent une réaction chez votre enfant, et dans quelles conditions, est une information précieuse pour eux.

Vous n’êtes pas seuls.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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