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Mon Carnet Oralité
Idée reçue

Il aime la pomme, donc il aimera la compote ?

Pour un enfant avec un trouble de l'oralité, un aliment n'existe pas dans l'absolu : il accepte une préparation précise, texture, cuisson, marque comprises.

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Votre enfant mange la pomme en quartiers. Alors vous lui proposez une compote : c’est de la pomme, c’est sucré, c’est doux, ça devrait passer. Et pourtant, non. Ou l’inverse : il adore une compote précise, mais la pomme crue est repoussée sans discussion.

Ce n’est pas de l’entêtement, et ce n’est pas incohérent. Pour un enfant avec un trouble de l’oralité alimentaire, un aliment « dans l’absolu » n’existe pas.

Ce que l’enfant accepte, c’est une préparation

Votre enfant ne mange pas « de la pomme ». Il mange, par exemple, une compote lisse d’une marque précise, à température ambiante. Changez la marque, et la texture n’est plus tout à fait la même. Sortez-la du réfrigérateur, et la sensation change. Donnez-lui une compote maison, avec quelques grains, et ce n’est plus du tout le même aliment pour lui.

De la même façon, un enfant qui accepte les frites d’une enseigne de fast-food précise n’acceptera pas forcément une frite maison cuite au four. Pour nous, ce sont deux frites. Pour lui, ce sont deux aliments différents : la texture extérieure, le gras, la couleur, l’odeur, rien n’est pareil.

Ce que l’enfant valide, c’est donc toujours un couple : l’aliment et sa préparation précise. La texture, la cuisson, la forme, la température, et parfois la marque.

Pourquoi c’est une bonne nouvelle

À première vue, cela semble compliquer les choses. En réalité, cela les éclaire.

D’abord, cela explique des refus qui paraissaient absurdes. L’enfant n’est pas « difficile pour rien » : il réagit à une sensation précise, qui change avec la préparation.

Ensuite, cela donne une façon beaucoup plus juste de noter ce qu’il accepte. « Il mange de la pomme » ne dit presque rien. « Il mange la pomme crue en quartiers, sans la peau » dit tout. Si vous tenez un carnet de ses aliments copains, c’est ce niveau de détail qui en fait un outil utile.

Enfin, c’est sur cette précision que s’appuient les professionnels de l’oralité pour aider un enfant à élargir ce qu’il accepte. La méthode du chaînage alimentaire consiste à partir d’une préparation acceptée et à ne changer qu’une seule caractéristique à la fois : d’abord la forme, puis la cuisson, puis la couleur. Si tout est noté avec précision, on sait exactement d’où l’on part.

Ce que ça change à table

Concrètement, cela invite à regarder les aliments avec les yeux de votre enfant. Quand quelque chose passe, noter ce qui, précisément, a été accepté. Quand quelque chose est refusé, chercher ce qui a changé par rapport à la version acceptée : la température ? la marque ? la forme ? Souvent, la réponse est là.

Et quand la compote ne passe pas alors que la pomme en quartiers passe, ce n’est ni un recul ni une contradiction. C’est simplement un autre aliment.

Vous n’êtes pas seuls.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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