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Mon Carnet Oralité
Petit geste

L'assiette à compartiments

Chez certains enfants, deux aliments qui se touchent suffisent à tout bloquer. Le petit geste : une assiette à compartiments, un aliment par case.

Publié le

La sauce qui coule sur le riz. Les petits pois qui roulent contre la purée. Le jus de la viande qui touche les pâtes. Pour beaucoup d’enfants, cela n’a aucune importance. Pour certains enfants avec un trouble de l’oralité alimentaire, cela suffit à faire refuser l’assiette entière, même quand chaque aliment, pris séparément, est accepté.

Ce qui se passe

On appelle cela la non-contamination visuelle, ou cloisonnement strict. C’est l’une des cinq sensibilités les plus fréquentes dans les troubles de l’oralité : les aliments présents dans l’assiette ne doivent, sous aucun prétexte, se toucher.

Pour l’enfant, un aliment touché par un autre n’est plus le même aliment. Les pâtes qui ont pris un peu de sauce ne sont plus « ses » pâtes. Et un aliment copain, celui qu’il accepte tout le temps sans anxiété, peut cesser d’en être un simplement parce qu’il a été contaminé par son voisin.

Ce n’est pas un caprice d’organisation. C’est une sensibilité, au même titre que la réaction à une odeur ou à une couleur.

Le geste

Une assiette à compartiments, un aliment par case. Les pâtes ici, le poulet là, la sauce dans une case à part s’il y en a. Rien ne se touche, rien ne coule.

Ce geste ne demande rien à l’enfant. Il ne lui demande pas de goûter, ni de manger plus. Il retire simplement un obstacle qui se dressait avant même la première bouchée.

À défaut d’assiette à compartiments, plusieurs petites assiettes ou des bols font le même travail. L’important, c’est que les frontières soient nettes.

Et si on mélangeait tout, pour simplifier ?

L’idée vient naturellement : puisqu’il accepte les pâtes et accepte la sauce, autant tout mélanger. Chez un enfant qui a besoin du cloisonnement, c’est souvent l’inverse qui se produit : tout mélanger revient à tout bloquer.

Il y a une deuxième raison. Mélanger un liquide ou une sauce avec des morceaux crée une double texture : un liquide et des morceaux distincts, en même temps, en bouche. C’est la texture la plus redoutée dans les troubles de l’oralité ; pour certains enfants, gérer ce mélange relève d’une véritable incapacité. Séparer les aliments dans l’assiette, c’est aussi éviter de créer, sans le vouloir, cette double texture.

Un garde-fou, pas une règle à vie

Ce besoin de cloisonnement n’est pas gravé pour toujours : à long terme, l’objectif est de pouvoir le dépasser. Mais aujourd’hui, il est là, et aller de front contre lui peut briser la confiance de l’enfant et provoquer un refus massif à table.

Respecter ce garde-fou, c’est protéger le repas. Et un repas protégé, c’est un repas où l’enfant peut, peut-être, s’intéresser à ce qu’il y a dans la case d’à côté.

Vous n’êtes pas seuls.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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