Il y a, dans la vie de votre enfant, quelques aliments qui passent toujours. Les mêmes pâtes, le même biscuit, la même compote de la même marque. Ceux que vous emportez partout « au cas où ». Ceux qui sauvent un repas de fête ou un soir compliqué.
Ces aliments ont un nom : ce sont ses aliments copains.
La définition
Un aliment copain est un aliment que l’enfant accepte à 100 %, tout le temps, sans anxiété. Pas « souvent », pas « quand il est de bonne humeur » : toujours. Il peut compter dessus, et vous aussi.
Cette définition est stricte, et c’est voulu. Un aliment qui passe un jour sur deux, ou seulement sous certaines conditions, n’est pas un aliment copain. C’est autre chose, qui mérite d’être noté à part. Le copain, lui, est le repère sûr.
Un aliment copain, c’est une préparation précise
Dans les troubles de l’oralité alimentaire, un aliment « dans l’absolu » n’existe pas. Votre enfant ne mange pas « de la pomme » : il mange, par exemple, une compote lisse d’une marque précise, à température ambiante. Il ne mange pas « des frites » : il mange les frites fines d’une enseigne de fast-food en particulier, et pas les frites maison cuites au four.
L’aliment copain est donc toujours un couple : l’aliment et sa préparation. La texture, la cuisson, la forme, la température, parfois la marque. Si vous tenez un carnet de ce que votre enfant accepte, c’est ce niveau de précision qui compte : « compote lisse de telle marque, froide » dit quelque chose ; « pomme » ne dit presque rien.
Pourquoi on part de là
Les aliments copains ne sont pas seulement ce qui permet de finir le repas. Ils sont le point de départ de tout le reste.
Les professionnels de l’oralité utilisent une méthode appelée chaînage alimentaire : pour aider un enfant à apprivoiser un nouvel aliment, on s’appuie toujours sur un aliment copain, et on ne modifie qu’une seule caractéristique à la fois. La même frite, coupée en rondelles. Puis la même forme, avec une autre cuisson. Et ainsi de suite, en tirant un fil minuscule, sans jamais rompre le sentiment de sécurité de l’enfant.
Sans aliment copain, il n’y a pas de fil à tirer. C’est pour cela qu’on commence toujours par le positif : par ce que l’enfant accepte, jamais par la liste de ce qu’il refuse.
Les aliments qui déclenchent une crise
À l’autre bout, il y a les aliments qui provoquent une crise dès qu’ils apparaissent. Ceux-là peuvent être écartés du menu pour l’instant, pour ne pas saturer l’enfant. Pas pour toujours : pour l’instant. Les mettre de côté n’est pas un renoncement, c’est une façon de protéger le repas.
Entre les deux, il y a tout ce que l’enfant n’a simplement jamais rencontré, ou qui ne pose pas de problème particulier. Il n’y a pas besoin de tout classer. Ce qui aide, c’est de connaître ses copains, et de savoir qu’on part de là.
Vous n’êtes pas seuls.
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