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Mon Carnet Oralité
Petit geste

Lui proposer de servir

Un petit geste à table : proposer à votre enfant de mettre l'aliment dans les assiettes, sans rien demander d'autre. Toucher, c'est déjà un niveau.

Publié le

Il y a un moment, à table, où votre enfant peut rencontrer un aliment sans qu’il soit question de le manger. Ni de le goûter. Ni même de le sentir. C’est le moment du service.

Le geste

Un plat sur la table, les assiettes vides, et une proposition : « Tu veux mettre les carottes dans les assiettes ? » Avec une cuillère, une pince, ou les doigts, comme il préfère. Il sert les autres, il se sert ou non. On ne lui demande rien d’autre.

Pas « et tu en prends une », pas « goûte en passant ». Servir, c’est tout. Et s’il ne veut pas servir, ce n’est pas grave non plus.

Pourquoi ça compte

Dans les troubles de l’oralité alimentaire, on décrit ce que fait un enfant avec un aliment en cinq niveaux : il le tolère sur la table, il le touche, il le sent, il le goûte, il le mange. Le deuxième niveau, toucher, se définit ainsi : l’enfant touche l’aliment avec ses doigts, joue avec, le coupe, l’écrase, ou aide à le servir.

Aider à servir fait donc partie de la définition. Ce n’est pas une astuce pour l’amener à manger : c’est, en soi, un niveau à part entière, une étape que l’enfant franchit avec l’aliment. Un enfant qui met des carottes dans les assiettes a touché les carottes. Il a interagi avec un aliment qu’il ne mange pas, sans crise, sans menace.

Ce que le geste permet

Servir donne à l’enfant un rôle. Il n’est plus celui à qui on présente une assiette, mais celui qui remplit les assiettes des autres. L’aliment passe par ses mains, il en voit la forme, le poids, la couleur, parfois l’odeur, à son rythme et sans engagement.

Et tout cela se passe sans jamais rompre son sentiment de sécurité. Il sait qu’on ne lui demandera pas de goûter. C’est précisément parce que la demande n’existe pas qu’il peut s’approcher.

Ce que le geste ne demande pas

Comme la serviette poubelle, proposer de servir ne s’accompagne d’aucune attente. Si l’enfant sert et ne touche pas à son assiette, le niveau est franchi quand même. Si, un jour, il porte une carotte à son nez en servant, il a senti. Si, un autre jour, il la lèche, il a goûté, avec le droit de recracher. Mais rien de tout cela n’est demandé, et personne ne le guette.

Un aliment présent sur la table sans crise, c’est déjà une immense victoire. Un aliment qui passe par ses mains, c’en est une autre.

Vous n’êtes pas seuls.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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